VSOE : Raphaël prend les commandes.

 

Tout a commencé avec la réception d’un mail de Raphaël – membre du CFFC –  le 28 mai dernier m’informant qu’il serait « au commande » du VSOE lors de son passage à Dôle et Vallorbe en double traction de 26000.

Avec Nanou, pas d’hésitation, notre agenda est vide à cette période, nous serons là !

L’enjeu : où se placer pour avoir la meilleure vue. Avec Stéphane, nous avons reconnu un certain nombre de « spots». Mais il faut tenir compte de la position du soleil. C’est décidé, Nanou sera positionnée à la Gare des Longevilles pendant que je serai au Fourpéret.

Le convoi est à l’heure. Majestueusement, il passe sur le pont du Doubs dans un silence étrange, la qualité du roulement est époustouflante. Pas un grincement d’essieux, pas de tac-tac des joints de rails. Seulement le sifflement des ventilateurs des deux machines. Une petite vidéo où le train se reflète dans les eaux du Doubs.  Un petit regret : avec l’heure tardive, l’ensoleillement n’est pas formidable. Mais ne boudons pas notre plaisir.

On remet le couvert le lundi matin avec le retour HLP des deux machines. La prise de vues se fera en gare de Frasne que les deux locomotives franchissent sans arrêt. Klaxon amical de Raphaël. Ce fut un bon week-end.

Raphaël nous redonne rendez-vous le samedi 20 juin toujours avec le VSOE. Mais ce coup-ci, séance photos en plus de la vidéo. Pour bien assurer notre coup, nous décidons d’aller directement à Vallorbe. Nous pourrons ainsi faire des photos de chaque voiture présente dans la composition. Avec un peu de chance, peut-être pourrons-nous faire quelques photos des intérieurs… Osons !

La rame sera à l’heure, donc nous partons tôt de Pontarlier. Il faut aussi compter avec les travaux à La Cluse-et-Mijoux qui vont nous rallonger notre temps de parcours. Trente minutes avant l’arrivée du train, nous sommes sur place et effectuons une reconnaissance des lieux afin de déterminer le meilleur spot. Je filmerai le train dans la pente avant l’entrée en gare depuis le quai des voies 3 et 4. Puis le suivrai jusqu’à son arrêt. D’autres amateurs sont aussi présents sur les quais. A l’heure dite, la rame arrive, toujours aussi majestueuse et ce silence de roulement… et je repasse sur le quai de la voie 5 pour les opérations de désaccouplement des machines.  La chaleur est étouffante sur le quai, Raphaël et son collègue ont eu très chaud dans leurs machines depuis Paris. Le mécanicien des machines suisses est là pour les opérations de traction des machines françaises et leur renvoi sous la caténaire 25kV. Les voyageurs du train profitent de cet arrêt technique pour descendre sur le quai. Nous aussi, nous profitons de cette halte pour remonter la rame (de l’extérieur malheureusement pour nous), nous photographions toutes les voiture ; les voyageurs sont très détendus, ils ne disent rien lorsque nous « volons » quelques photos de l’intérieur des voitures. Respectant leur intimité, nous ne photographions que lorsque la scène est vide. Certains sont même ravis de nous voir. Les machines sont dans la remise SNCF de la gare de Vallorbe, Raphaël et ses collègues sont à l’hôtel, nous assistons au départ de la rame pour Venise. Toujours aussi impressionnant.

Le lendemain, nous sommes postés à l’entrée du Tunnel du Bouquet, côté Vaux-et-Chantegrue pour le retour des machines. Nouvelle vidéo, klaxon de Raphaël, il est temps de rentrer.

Merci Raphaël.

Pour le deuxième voyage, la rame était composée de 16 voitures pour un poids de 892t. Elle était tractée par les deux machines dédiées aux trains spéciaux (BB26005 et BB26019). Pendant la montée sur La Bosse (section de la ligne Paris-Vallorbe entre Mouchard et Vallorbe pour ceux qui ne connaissent pas), la tension chutait de 25kV à 19kV.

Les voitures étaient * :

3425 Voiture-lits type S1 11 places 1929
3539 Voiture-lits type Lx 18 places 1929 EIC à AYTRE
3552 Voiture-lits type Lx 18 places 1929 EIC à AYTRE
3544 Voiture-lits type Lx 18 places 1929 EIC à AYTRE
Entreposée à Limoges pendant la guerre, elle a servi de « maison close » pour la Wermacht / en 1946, elle a été affectée à Amsterdam pour entrer dans la composition du train royal néerlandais.
3473 Voiture-lits type Lx 1929 Metropolitan Carriage Wagon and Finance Co Limited
3915 Voiture-lits type YTb 1949 Ateliers Métallurgiques de Nivelles
modifiée en voiture de service pour accueillir du personnel et des espaces de stockage
4110 Voiture restaurant 1927 Birmingham Railway Carriage
4141 Voiture restaurant Pullman avec cuisine 1929 EIC à AYTRE
4095 Voiture restaurant 1927 BIRMINGHAM
Surnommée la « Voiture chinoise » avec ses panneaux laqués repris à la voiture restaurant 3583
3674 Voiture Bar 36 places 1931 EIC à AYTRE
A l’origine : voiture restaurant
3912 Voiture-lits type YTb 14 places 1949 Ateliers Métallurgiques à Nivelles
Modifiée en voiture de service
3483 Voiture-lits type Lx 18 places 1929 Metropolitan Cammell Carriage And wagon Company Limited
Pendant la guerre, servait d’hôtel fixe à Lyon
3482 Voiture-lits type Lx 18 places 1929 Metropolitan Cammell Carriage And wagon Company Limited
Pendant la guerre, servait d’hôtel fixe à Lyon
3555 Voiture-lits type Lx 18 places 1929 EIC à AYTRE
3543 Voiture-lits type Lx
3309 Voiture-lits 1926 Ateliers Métallurgiques de Nivelles
Décoration, marquetterie par René PROU type Art Floral
En 1929, cette voiture faisait partie de la rame de l’Orient-Express bloquée pendant dix jours à une centaine de kilomètres d’Istanbul par une tempête de neige. Les gens des villages alentour ravitaillaient les voyageurs.

Alain N.

* chaque voiture a son identité déclinée. Dans chacune d’elle, le voyageur peut lire une plaque indiquant :

  • l’année de construction (1926 à 1929)
  • le constructeur de la voiture (Belgique : Ateliers de Construction Métallurgique de Nivelles – France : Entreprises Industrielles Charentaises Aytré La Rochelle – Angleterre : Metropolitan Cammel Carriage and Wagon Co. Ltd. Satley Birminghan)
  • la décoration (René Prou, Morrison, Nelson, Lalique…)
  • et les trains où elle fut affectée : Rome Express – Train Bleu – Simplon-Orient Express – Pyrénées-Côte d’Argent Express – Etoile du Nord – Nord Express – Train Royal des Pays-Bas – Costa Vasca Express – Sud Express…

Certaines eurent d’autres vies en particulier pendant la seconde guerre mondiale : hôtel, hôpital. Ainsi la voiture 3544 fut utilisée comme maison close à Limoges de 1942 à 1945 comme en atteste la photo de la plaque ci-dessous.

C’est James Sherwood – chef d’entreprise d’origine américaine basé au Royaume-Uni – qui rachètera aux enchères plusieurs voitures-lits d’origine de la Compagnie Internationale des Wagons-Lits (CIWL). Il investit des millions de dollars pour restaurer ces voitures Art déco dans le respect du faste d’époque (boiseries précieuses, marqueteries, Lalique). Le train inaugural reliera Londres – Paris – Venise le 25 mai 1982, redonnant vie au mythe de l’âge d’or ferroviaire. Certaines des voitures restaurées étaient dans un véritable état de délabrement. Le train est très prisé par une clientèle anglaise. A l’intérieur : tenue correcte exigée (pas de short ou de T-shirt, ni de jean) et au repas smoking pour les hommes (costume cravate admis) et robe de soirée ou robe longue pour les femmes.

A noter également qu’une nouvelle voiture très luxueuse a intégré le VSOE en 2025 : « L’Observatoire »

Villes desservies par le VSOE : Londres – Paris – Vienne – Venise – Prague – Budapest – Istanbul

 

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