Le bureau d’Octroi de Pontarlier et autres architectures : une longue histoire pour des devoirs de vacances ferroviaires studieuses !

 

Alain aime l’Histoire. Et quand cela entre dans le registre du patrimoine notamment ferroviaire et militaire, qui plus est de sa région, il n’hésite pas à se plonger dans des recherches bibliographiques pour reproduire ce qui fera « la touche » d’une maquette ferroviaire que ce soit un réseau ou un diorama. Il partage avec nous sa passion et ses motivations pour reproduire différents bâtiments à l’échelle Ho.

Le Bureau de l’Octroi de Pontarlier

Un titre qui interpelle ! Certains vont se demander ce que le Bureau de l’Octroi vient faire dans le monde ferroviaire. Et je les comprends. Si je traite de ce bâtiment, c’est qu’il apparait souvent sur les vues anciennes de Pontarlier avec les rails du Tacot dans les parages. Reconnaissez que cet édifice a belle prestance à côté de nos constructions modernes sans âmes (les constructions anciennes témoignent de notre Histoire et surmontent les épreuves du temps pour peu que l’on s’y attarde : qualité des matériaux employés et soin apporté à la construction). Enfin, cela ne regarde que moi…

Petite histoire de l’octroi : l’octroi consistait en taxes sur les marchandises (produits de consommation : boissons, viandes, bestiaux, combustibles, matériaux de construction…) entrant dans une ville pour financer les frais d’entretien (pavés, éclairage…). Sous l’ancienne monarchie, ces taxes ne pouvaient être établies sans que le roi en ait « octroyé » la permission par lettres patentes. Mais cette habilitation à percevoir par les communes un impôt les obligeait à en reverser une partie au Trésor Public ! Ainsi, jusqu’en 1852, l’Etat prélevait à son profit le dixième de ses produits. La Loi du 19-25 février 1791 supprima les octrois. Cette mesure mit les communes en difficultés financières pour certaines d’entre elles (par ricochet, l’Etat lui-même voyait une partie de ses revenus amputée par cette loi). La loi du 11 frimaire An VII (1er décembre 1798) rétablira cet usage aux villes qui n’avaient pas de ressources suffisantes pour assurer l’équilibre de leur budget1.

Dans les communes où des quartiers militaires existaient, cette taxe était acquittée sur les fourrages et autres marchandises nécessaires à la vie quotidienne des militaires, comme à Héricourt dans la Haute-Saône 2. Dans cette localité, le bâtiment est toujours visible à l’angle des Avenues Léon-Jouhaux et Jean Jaurès. Les voies du Tramway3 passaient devant le bureau. Je cite Héricourt parce que mes recherches sur les CFV70 m’ont amené à effectuer des recherches sur les installations fixes de la gare de Fretigney-et-Veloreille. Vous allez dire que je déraille…mais non, je vous explique : je me suis servi d’une carte postale ancienne de cette petite gare où l’on voit une remise pour une machine. Sur le net, pas d’autres précisions, pour ne pas dire le néant. J’ai contacté la commune qui ne possède aucun document. Par défaut, possédant les plans de la remise de Mouthe et quelques photos (merci Claude-Bernard et Elie), je me lance dans la construction de la remise. J’envoie les photos du proto à Claude-Bernard pour valider mon choix. Par retour de mail, je reçois des vues de la remise d’Héricourt. Et ça correspond tip-top à celles de Fretigney. Par curiosité, je vais sur Delcampe pour voir s’il y a des vues de la gare d’Héricourt. La moisson est maigre : seules deux vues de la gare et encore de loin. Et les installations complémentaires ne sont pas visibles. Lors de cette consultation, je suis tombé sur des cartes postales de l’octroi objet de cet écrit. Et la voie du Tramway passe devant. Voilà, la boucle est bouclée. Je pense que j’ai perdu un certain nombre de lecteurs, je vous prie de m’en excuser. Pour ceux qui le désirent, je pourrai leur envoyer une version courte…MDR !

A Pontarlier, le Bureau de l’Octroi a disparu. Mais, j’éprouve de l’attachement pour ce bâtiment. Je sais que je ne pourrai pas le placer sur le nouveau réseau en cours d’étude au CFFC, mais à titre personnel, je le veux. De plus certains éléments architecturaux le rattachent à la gare CFD de Pontarlier (ou l’inverse). Entre autres, l’appareillage en brique ainsi que les éléments de décoration du toit sont communs.

1 : SAY Léon, Dictionnaire des finances publiques, 1894-1899

2 : article Est Républicain du 2 janvier 2025. Bureau de l’Octroi visible à Héricourt au début de l’avenue Léon-Jouhaux

3 : Chemins de fer Vicinaux de Haute-Saône, Deuxième réseau, ligne Lure-Héricourt, 43 km, Déclaration d’utilité publique le 7 juillet 1900, ouverte le 1er janvier 1904, fermeture à tout trafic le 1er mars 1938

Photos : Tacot station CFD rue Morand et gare de Fretigney

 

Ça y est ! Je me suis donc lancé dans la réalisation du proto du bureau. Ce petit bâtiment est beau. Il ne pose pas de problème particulier. Si ce n’est la frise décorative du toit. Mais avec la nouvelle découpeuse, ça devrait le faire.

Je l’ai intégré dans un petit diorama censé reproduire la place de la gare de Pontarlier. Il a fallu poser un coupon de rail HOm, et en essayant de faire une courbe comme dans la réalité. Posée sur une chute de contreplaqué de 10mm d’épaisseur, il est maintenu en place (et en forme) par un carton de calendrier qui fait quasiment l’épaisseur des traverses. Ensuite comme je possédais une chute de rue pavée, je l’ai collé sur ce carton. Etant un peu souple, ce revêtement a pu épouser le tracé de la voie. C’était la partie la plus facile.

Maintenant, il faut remplir l’espace entre les deux files de rail. Peindre cet espace en brun foncé a été la première étape en ne négligeant pas les côtés intérieurs du rail. Ensuite un morceau de carton de 1mm d’épaisseur juste entre les tire-fond pour revoir la finition. Oui mais voilà ! La voie n’est pas rectiligne. Comment bien épouser la courbe ? Petit moment de solitude. Puis la solution :

  • prendre une feuille de papier machine, la poser sur le voie et marquer le rail en forçant le papier à descendre entre les rails,
  • recommencer l’opération pour l’autre côté, découper ce gabarit en tenant compte de l’épaisseur des roues des véhicules qui vont circuler,
  • reporter cette forme sur du carton de 0,5mm, coller et le tour est joué.
  • Le carton ne dépasse pas du champignon du rail. Si vous jugez que ce n’est pas assez haut, rajouter un autre carton.
  • Peindre cette entrevoie dans une teinte approchant le revêtement extérieur.

Pour intégrer le bâtiment dans le diorama, j’ai découpé le produit Noch. Le bureau s’est enfoncé de 1mm. Il va falloir faire les finitions en collant du sable ou de la terre à décor au raccordement le sol et le bâtiment. En effet, il n’y a rien de plus disgracieux que cette fissure que l’on peut voir sur certains réseaux.

Remise de Fretigney

Ayant envoyé une photo de mon proto à Claude-Bernard, par retour, il m’a procuré un plan de la remise d’Héricourt. A peu de chose près cela correspond à celle de Fretigney.

Eglise d’Orsans

Fier d’être Comtois (d’adoption, les gens d’ici diraient que je suis un « ratrait »), je suis assez sensible au patrimoine local. Avec les fermes comtoises et les églises avec leurs clochers avec « Dôme à l’Impériale », je suis servi. Il y a des années de cela, j’avais entrepris la reproduction de l’église d’Orsans (entre Le Valdahon et Baume-les-Dames). A l’époque, j’étais assez content de moi, mais avec le temps, je me rends compte que la maquette est trop grosse. Alors j’ai repris les outils et je suis parvenu à un autre résultat. Plus conforme au modèle réel.Il y a encore du travail à faire. Mais ce qui me préoccupe le plus sera la réalisation du fameux cliocher. J’ai ma petite idée, je vous tiendrai au courant.

La ferme comtoise

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